
Londres Express de Peter LOUGHRAN (1967)
Série Noire n°1136 – Folio Policier n°236
Traduit de l’Anglais par Marcel DUHAMEL
Un auteur irlandais connu pour ce seul livre traduit en français, mais par Marcel Duhamel ce qui n’est pas rien, ce dernier nous livrant en avant propos ses difficultés à classer cet ouvrage inclassable. Ce fut la Série Noire, pas parce qu’il relève du polar, mais plutôt parce qu’il est noir de chez noir, par l’histoire, l’atmosphère et l’âme du héros.
En effet, pendant 240 pages, on va subir le long monologue d’un triste sire, (aucun paragraphe pour faire une pose), marin de profession, dont nous ne saurons ni le nom ni le prénom, et qui, après une nuit de bordée qu’il nous racontera avec forces détails, doit rejoindre son bateau par le train « Londres Express ». Seul dans son compartiment, avec de la littérature érotique pour compagnie, il verra arriver deux bonnes sœurs et une gamine de sept ans qui voyage seule et que sa tante confie aux deux nonnes qu’il traitera de « suceuses d’eau bénite déguisées en ku-klux de mes deux klan, et qui viennent par paires comme les emmerdements ».
Ce sera le prétexte à des divagations pour refaire le monde, celui de la religion en général et du sexe en particulier, « un gouvernement qui organiserait une chaîne de bordels dans ce pays, il rendrait plus de services qu’avec toutes leurs écoles, leurs églises, leurs prêches et leurs prières…tout le monde au bordel même les curés après la messe…en voulant supprimer la chose, çà devient clandestin ».
Il revient sur sa nuit passée, qui commence par ses déambulations avec une pute qu’il paiera mais dont il n’obtiendra rien, si ce n’est un coup de talon aiguille et qui finit par une rouste des gens du coin dont il se vengera en cassant leur vitres à coup de briques dans un acte de violence jouissif, un dérivatif à son besoin de sexe.
Il n’osera pas ouvrir ses revues, et suivra la conversation des sœurs et de la fillette, ce qui lui permettra de faire des allers retours sur son enfance avec des bouffées de bons sentiments et une tirade jubilatoire sur Sainte Agnès. Mais vis-à-vis des filles, sa conclusion n’est guère encourageante « les femmes ne pensent qu’à se faire grimper et faire des gosses ».
Un drôle de bouquin, dérangeant à souhait, voire malsain, un voyage au bout de l’enfer pour un pauvre bougre pas très futé, « chaud de la pince » jusqu’à l’excès, sans états d’âme, et d’une mauvaise foi chronique, qui se conduit de façon abominable mais trouve toujours des excuses, il est la victime et la société le bourreau. La chronologie est aussi tordue que l’histoire qui va dans tous les sens, on pourrait se prendre pour un psy (un fouille chou comme il dirait) entrain de fouiller le cerveau d’un cinglé.
Et pourtant cette sale histoire ne pas lâchée, à croire que seuls les bons sentiments nous endorment. De plus le ton est incisif, le langage parlé et imagé assorti de drôles d’expressions comme du Frédéric Dard. Je confirme : inclassable mais à retenir.
Série Noire n°1136 – Folio Policier n°236
Traduit de l’Anglais par Marcel DUHAMEL
Un auteur irlandais connu pour ce seul livre traduit en français, mais par Marcel Duhamel ce qui n’est pas rien, ce dernier nous livrant en avant propos ses difficultés à classer cet ouvrage inclassable. Ce fut la Série Noire, pas parce qu’il relève du polar, mais plutôt parce qu’il est noir de chez noir, par l’histoire, l’atmosphère et l’âme du héros.
En effet, pendant 240 pages, on va subir le long monologue d’un triste sire, (aucun paragraphe pour faire une pose), marin de profession, dont nous ne saurons ni le nom ni le prénom, et qui, après une nuit de bordée qu’il nous racontera avec forces détails, doit rejoindre son bateau par le train « Londres Express ». Seul dans son compartiment, avec de la littérature érotique pour compagnie, il verra arriver deux bonnes sœurs et une gamine de sept ans qui voyage seule et que sa tante confie aux deux nonnes qu’il traitera de « suceuses d’eau bénite déguisées en ku-klux de mes deux klan, et qui viennent par paires comme les emmerdements ».
Ce sera le prétexte à des divagations pour refaire le monde, celui de la religion en général et du sexe en particulier, « un gouvernement qui organiserait une chaîne de bordels dans ce pays, il rendrait plus de services qu’avec toutes leurs écoles, leurs églises, leurs prêches et leurs prières…tout le monde au bordel même les curés après la messe…en voulant supprimer la chose, çà devient clandestin ».
Il revient sur sa nuit passée, qui commence par ses déambulations avec une pute qu’il paiera mais dont il n’obtiendra rien, si ce n’est un coup de talon aiguille et qui finit par une rouste des gens du coin dont il se vengera en cassant leur vitres à coup de briques dans un acte de violence jouissif, un dérivatif à son besoin de sexe.
Il n’osera pas ouvrir ses revues, et suivra la conversation des sœurs et de la fillette, ce qui lui permettra de faire des allers retours sur son enfance avec des bouffées de bons sentiments et une tirade jubilatoire sur Sainte Agnès. Mais vis-à-vis des filles, sa conclusion n’est guère encourageante « les femmes ne pensent qu’à se faire grimper et faire des gosses ».
Un drôle de bouquin, dérangeant à souhait, voire malsain, un voyage au bout de l’enfer pour un pauvre bougre pas très futé, « chaud de la pince » jusqu’à l’excès, sans états d’âme, et d’une mauvaise foi chronique, qui se conduit de façon abominable mais trouve toujours des excuses, il est la victime et la société le bourreau. La chronologie est aussi tordue que l’histoire qui va dans tous les sens, on pourrait se prendre pour un psy (un fouille chou comme il dirait) entrain de fouiller le cerveau d’un cinglé.
Et pourtant cette sale histoire ne pas lâchée, à croire que seuls les bons sentiments nous endorment. De plus le ton est incisif, le langage parlé et imagé assorti de drôles d’expressions comme du Frédéric Dard. Je confirme : inclassable mais à retenir.
