
Un homme accidentel
Philippe Besson
Julliard (01/2008) 244pages
Un nouveau Philippe Besson c’est comme une nouvelle cuvée pour un cru réputé, on se dit que çela ne peut être aussi bon que le précédent, on le renifle, on en prend une lampée avant de le déguster, et puis comme c‘est toujours aussi savoureux, on le déguste d’une traite.
Pour cette nouvelle histoire, sous couvert d’une enquête policière à Los Angeles, l’auteur met en présence deux personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer, « leurs mondes étaient sans intersection », un flic sans ambition à Beverly Hills, et Jack Bell, acteur de cinéma, célèbre plus par sa beauté que par son talent. Tout les séparait, et pourtant, le choc fût meurtrier…les accidents de l’amour sont impénétrables… même s’il s’agit de l’amour pour un autre garçon, même si avant cette rencontre il n’en avait jamais touché un seul, même si après cette rencontre il ne pourra plus en toucher un autre.
« Il y a des choses qu’on ne décide pas, des événements qu’on ne voit pas venir, et quand ils se produisent, ou sont au bord de se produire, c’est déjà trop tard…J’ai été entraîné dans cette spirale sans choisir réellement, j’ai plongé sans m’en rendre compte…et puis, aussi, les sables mouvants exercent une telle fascination qu’on ne leur résiste pas »
Le narrateur décrit les failles et les fractures de cet amour qui pousse ces deux êtres à se consumer, avec justesse et délicatesse, sans rien de provocant, même lors de l’acte sexuel. On est dans l’émotion, le ressenti, sans pudeur, une manière de se livrer qui n’a rien d’indécente. Qu’ils soient masculins ou féminins, ce sont deux corps qui s’aimantent, se livrent au jeu de la passion, et cette dernière est universelle.
Philippe Besson a dû être très inspiré par « Le secret de Brokeback Montain » d’Ange Lee, même si l’homosexualité d’un flic dans les milieux branchés de Los Angeles, est beaucoup plus réaliste que celle de deux cow-boys au milieu des troupeaux, mais il reste le même désir violent, la même sensibilité à fleur de peau, la même autodestruction, la mort pour l’un, la solitude et les regrets pour l’autre.
«Nous n’avions pas fini de nous aimer…un amour total, pourquoi çà s’arrêterait ? Le problème, c’est que moi j’ai survécu… J’essaie de vivre sans lui, je vous jure que j’essaie, je n’y arrive pas. »
Philippe Besson, la puissance des mots, l’art de décrypter les sentiments amoureux, même contre nature, on en redemande, on veut relire ses premiers romans, et on attend le prochain avec impatience.
Philippe Besson
Julliard (01/2008) 244pages
Un nouveau Philippe Besson c’est comme une nouvelle cuvée pour un cru réputé, on se dit que çela ne peut être aussi bon que le précédent, on le renifle, on en prend une lampée avant de le déguster, et puis comme c‘est toujours aussi savoureux, on le déguste d’une traite.
Pour cette nouvelle histoire, sous couvert d’une enquête policière à Los Angeles, l’auteur met en présence deux personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer, « leurs mondes étaient sans intersection », un flic sans ambition à Beverly Hills, et Jack Bell, acteur de cinéma, célèbre plus par sa beauté que par son talent. Tout les séparait, et pourtant, le choc fût meurtrier…les accidents de l’amour sont impénétrables… même s’il s’agit de l’amour pour un autre garçon, même si avant cette rencontre il n’en avait jamais touché un seul, même si après cette rencontre il ne pourra plus en toucher un autre.
« Il y a des choses qu’on ne décide pas, des événements qu’on ne voit pas venir, et quand ils se produisent, ou sont au bord de se produire, c’est déjà trop tard…J’ai été entraîné dans cette spirale sans choisir réellement, j’ai plongé sans m’en rendre compte…et puis, aussi, les sables mouvants exercent une telle fascination qu’on ne leur résiste pas »
Le narrateur décrit les failles et les fractures de cet amour qui pousse ces deux êtres à se consumer, avec justesse et délicatesse, sans rien de provocant, même lors de l’acte sexuel. On est dans l’émotion, le ressenti, sans pudeur, une manière de se livrer qui n’a rien d’indécente. Qu’ils soient masculins ou féminins, ce sont deux corps qui s’aimantent, se livrent au jeu de la passion, et cette dernière est universelle.
Philippe Besson a dû être très inspiré par « Le secret de Brokeback Montain » d’Ange Lee, même si l’homosexualité d’un flic dans les milieux branchés de Los Angeles, est beaucoup plus réaliste que celle de deux cow-boys au milieu des troupeaux, mais il reste le même désir violent, la même sensibilité à fleur de peau, la même autodestruction, la mort pour l’un, la solitude et les regrets pour l’autre.
«Nous n’avions pas fini de nous aimer…un amour total, pourquoi çà s’arrêterait ? Le problème, c’est que moi j’ai survécu… J’essaie de vivre sans lui, je vous jure que j’essaie, je n’y arrive pas. »
Philippe Besson, la puissance des mots, l’art de décrypter les sentiments amoureux, même contre nature, on en redemande, on veut relire ses premiers romans, et on attend le prochain avec impatience.
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