

Un Désir fou de danser
Elie Wiesel
Le Seuil (avril 2006) 330 pages
L’histoire retrace la relation entre une psychiatre new-yorkaise et un homme d’un âge assez avancé, qui la consulte parce qu’il pense souffrir de folie due à un excès de mémoire. Il dit lui-même « On peut souffrir mentalement non parce qu’on oublie, mais parce qu’on s’acharne à tout retenir. » Est-il vraiment fou ? Son âme et sa tête se font la guerre. Il s’agit plutôt de se débarrasser des fantômes qui obscurcissent sa mémoire, son « dibbouk » comme il le nomme.
Toutes les folies de l’Histoire sont représentées dans sa propre folie, le chemin est tortueux qui va de sa maison d’enfance en Pologne à New York, en passant par la France et Israël, un parcours d’exilé, étrange et long voyage avec la solitude et la culpabilité pour compagnes, et comme bruit de fond, le vacarme d’un monde devenu fou.
Sa psychiatre écoute ses histoires vécues ou imaginées, essaie de reconstituer ce passé qui depuis son enfance lui procure un sentiment de manque et de défaite. « L’échec est de ma faute » lui confie-il. Il se sent fautif vis-à-vis de ses parents. Avait-il le droit de les juger surtout sa mère ? Un fardeau lourd à porter, mais tout un chacun a ses propres démons. Il cherche un guide qui le ramènerait à lui-même. Il fera le chemin tout seul. Une longue attente ou le repos ne lui sera accordé qu’en découvrant l’amour, sous les traits d’une jeune femme, dernier refuge, et en plus doté d’un « sourire d’enfant effrayé ».
Et la thérapeute en essayant de rentrer dans son monde, au point de prendre un peu de sa folie, de se perdre elle-même, et de conduire son couple au bord du désastre, devra le laisser à son « dibbouk », lui expliquant que « quand Dieu est l’ennemi, elle refuse le combat ».
Ce livre relève d’une méditation freudienne, il raconte l’apprentissage de la découverte de soi même dans les tréfonds les plus obscurs, c’est une aventure intérieure dans laquelle se déploie la mémoire d’Elie Wiesel sur le vingtième siècle, une réflexion sur la judaïté et l’existence
de Dieu. Pourquoi en veut-il tant à Dieu ? « J’en voulais à celui qui m’avait fait tomber sur cette terre où tout commence dans le doute et s’achève par la victoire de la mort ».
Elie Wiesel, passeur de mémoire, sait faire résonner des mots douloureux tout au long de ce
récit, mais il nous laisse penser qu’il faut quand même croire en un monde meilleur, malgré le fanatisme et la haine toujours présents. Il n’a pas eu le prix Nobel de la Paix pour rien.
Elie Wiesel
Le Seuil (avril 2006) 330 pages
L’histoire retrace la relation entre une psychiatre new-yorkaise et un homme d’un âge assez avancé, qui la consulte parce qu’il pense souffrir de folie due à un excès de mémoire. Il dit lui-même « On peut souffrir mentalement non parce qu’on oublie, mais parce qu’on s’acharne à tout retenir. » Est-il vraiment fou ? Son âme et sa tête se font la guerre. Il s’agit plutôt de se débarrasser des fantômes qui obscurcissent sa mémoire, son « dibbouk » comme il le nomme.
Toutes les folies de l’Histoire sont représentées dans sa propre folie, le chemin est tortueux qui va de sa maison d’enfance en Pologne à New York, en passant par la France et Israël, un parcours d’exilé, étrange et long voyage avec la solitude et la culpabilité pour compagnes, et comme bruit de fond, le vacarme d’un monde devenu fou.
Sa psychiatre écoute ses histoires vécues ou imaginées, essaie de reconstituer ce passé qui depuis son enfance lui procure un sentiment de manque et de défaite. « L’échec est de ma faute » lui confie-il. Il se sent fautif vis-à-vis de ses parents. Avait-il le droit de les juger surtout sa mère ? Un fardeau lourd à porter, mais tout un chacun a ses propres démons. Il cherche un guide qui le ramènerait à lui-même. Il fera le chemin tout seul. Une longue attente ou le repos ne lui sera accordé qu’en découvrant l’amour, sous les traits d’une jeune femme, dernier refuge, et en plus doté d’un « sourire d’enfant effrayé ».
Et la thérapeute en essayant de rentrer dans son monde, au point de prendre un peu de sa folie, de se perdre elle-même, et de conduire son couple au bord du désastre, devra le laisser à son « dibbouk », lui expliquant que « quand Dieu est l’ennemi, elle refuse le combat ».
Ce livre relève d’une méditation freudienne, il raconte l’apprentissage de la découverte de soi même dans les tréfonds les plus obscurs, c’est une aventure intérieure dans laquelle se déploie la mémoire d’Elie Wiesel sur le vingtième siècle, une réflexion sur la judaïté et l’existence
de Dieu. Pourquoi en veut-il tant à Dieu ? « J’en voulais à celui qui m’avait fait tomber sur cette terre où tout commence dans le doute et s’achève par la victoire de la mort ».
Elie Wiesel, passeur de mémoire, sait faire résonner des mots douloureux tout au long de ce
récit, mais il nous laisse penser qu’il faut quand même croire en un monde meilleur, malgré le fanatisme et la haine toujours présents. Il n’a pas eu le prix Nobel de la Paix pour rien.
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