

SOURNOIS d’Alexandre CLEMENT
Editions l’Ecailler du Sud - 01/2007 - ISBN 978-2-3529-9002-4 (222pages) Prix du Polar Marseillais 2007
Les quartiers Nord de Marseille, une « zone » avec ses barres en bétons comme dans tous les quartiers défavorisés des autres villes, sauf qu’ici elles dominent la mer et sont baignées de soleil, même si ce dernier associé à la chaleur n’est pas d’un grand réconfort pour ses habitants car seul l’horizon est ensoleillé, on est dans un roman noir, une chronique sociale sur la banlieue, zone de non droit ou brasier qui ne demande qu’à s’enflammer sous ce soleil de plomb.
Noé, abandonné par sa mère qui s’est fait la malle sans rien dire, sans père reconnu, mis à la porte des HLM, seul à la dérive, compte bien faire partie des assistés et gratter quatre ronds en tant que parasite social, mais il n’est pas assez vieux et plus assez jeune, raté, il faudra se démerder autrement. Il va rencontrer Hans, drôle d’épicier venu d’on ne sait où, peut être des pays de l’Est, mais parlant bien le français et blanc comme lui, une rareté dans cette cité. Hans vient d’acquérir une station service désaffectée, il va la remettre en état et en profite pour embaucher Noé, il va lui adjoindre Faye, un noir un peu simplet, mais grand et solide comme un roc. Hans n’est pas un radin, l’argent aidant, Noé va prendre goût au travail, il va même faire des projets d’avenir, rêver de s’en sortir, il faut dire qu’Adila y est pour beaucoup. Cette jeune beur, sapée comme l’as de pique, pas très jolie, mais dont le charme réside dans ses grands yeux noirs, a eu le bonheur de s’intéresser à lui, ils ont été à l’école ensemble, elle fait partie d’une famille où il sont tous plus ou moins zonards les uns que les autres, mais elle est une rescapée de la Cité, douée pour les études et le violon, préparant son bac et le conservatoire avec sérieux, tout en s’opposant de toutes ses forces à ses frères et au sort que la culture arabe voudrait lui réserver. Le seul personnage fort et positif du roman.
Le commerce de la station est florissant, car Hans en as de magouille, y adjoint un bar avec vente d’alcool et de cigarettes de contrebande à des prix défiants toute concurrence, du shit présenté sous forme de paquets de cigarettes nommés « 7ème ciel », et des parties de poker nocturnes. Mais Hans n’est pas très net, il reçoit des types bien sapés mais avec des têtes d’avis de recherche, il flambe et perd beaucoup au poker, surtout contre Matagrain ce vieux rat plein aux as et de plus fraye avec la femme d’une huile politique. La vie s’écoule avec ces bons et ces mauvais jours et tout continuerait si le Diable ne s’en mêlait pas un peu, les mauvaises idées vont refaire surface, et les ennuis avec. Noé commence à piger ce qu’arrivisme veut dire, il essaiera de profiter de la situation de façon sournoise.
Alexandre Clément pour un premier roman nous livre un polar social qui jauge les recoins sombres de notre société mais en toute simplicité, on sent le poids de la vie quotidienne sans avenir de ses personnages, mais il ne les juge pas au contraire on sent qu’il a beaucoup de tendresse pour eux, et même à la mort d’un pourri il y a quelqu’un pour le regretter. De plus le langage est riche et approprié pour un livre qu’on se surprend à lire « avé l’accent ».
Editions l’Ecailler du Sud - 01/2007 - ISBN 978-2-3529-9002-4 (222pages) Prix du Polar Marseillais 2007
Les quartiers Nord de Marseille, une « zone » avec ses barres en bétons comme dans tous les quartiers défavorisés des autres villes, sauf qu’ici elles dominent la mer et sont baignées de soleil, même si ce dernier associé à la chaleur n’est pas d’un grand réconfort pour ses habitants car seul l’horizon est ensoleillé, on est dans un roman noir, une chronique sociale sur la banlieue, zone de non droit ou brasier qui ne demande qu’à s’enflammer sous ce soleil de plomb.
Noé, abandonné par sa mère qui s’est fait la malle sans rien dire, sans père reconnu, mis à la porte des HLM, seul à la dérive, compte bien faire partie des assistés et gratter quatre ronds en tant que parasite social, mais il n’est pas assez vieux et plus assez jeune, raté, il faudra se démerder autrement. Il va rencontrer Hans, drôle d’épicier venu d’on ne sait où, peut être des pays de l’Est, mais parlant bien le français et blanc comme lui, une rareté dans cette cité. Hans vient d’acquérir une station service désaffectée, il va la remettre en état et en profite pour embaucher Noé, il va lui adjoindre Faye, un noir un peu simplet, mais grand et solide comme un roc. Hans n’est pas un radin, l’argent aidant, Noé va prendre goût au travail, il va même faire des projets d’avenir, rêver de s’en sortir, il faut dire qu’Adila y est pour beaucoup. Cette jeune beur, sapée comme l’as de pique, pas très jolie, mais dont le charme réside dans ses grands yeux noirs, a eu le bonheur de s’intéresser à lui, ils ont été à l’école ensemble, elle fait partie d’une famille où il sont tous plus ou moins zonards les uns que les autres, mais elle est une rescapée de la Cité, douée pour les études et le violon, préparant son bac et le conservatoire avec sérieux, tout en s’opposant de toutes ses forces à ses frères et au sort que la culture arabe voudrait lui réserver. Le seul personnage fort et positif du roman.
Le commerce de la station est florissant, car Hans en as de magouille, y adjoint un bar avec vente d’alcool et de cigarettes de contrebande à des prix défiants toute concurrence, du shit présenté sous forme de paquets de cigarettes nommés « 7ème ciel », et des parties de poker nocturnes. Mais Hans n’est pas très net, il reçoit des types bien sapés mais avec des têtes d’avis de recherche, il flambe et perd beaucoup au poker, surtout contre Matagrain ce vieux rat plein aux as et de plus fraye avec la femme d’une huile politique. La vie s’écoule avec ces bons et ces mauvais jours et tout continuerait si le Diable ne s’en mêlait pas un peu, les mauvaises idées vont refaire surface, et les ennuis avec. Noé commence à piger ce qu’arrivisme veut dire, il essaiera de profiter de la situation de façon sournoise.
Alexandre Clément pour un premier roman nous livre un polar social qui jauge les recoins sombres de notre société mais en toute simplicité, on sent le poids de la vie quotidienne sans avenir de ses personnages, mais il ne les juge pas au contraire on sent qu’il a beaucoup de tendresse pour eux, et même à la mort d’un pourri il y a quelqu’un pour le regretter. De plus le langage est riche et approprié pour un livre qu’on se surprend à lire « avé l’accent ».
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