samedi 25 octobre 2008

Profession..., tueur de Richard DEYRIEUX


Profession …, tueur !
de Richard DEYRIEUX
Editions du Lau 2006 – 250 pages

Un héros qui d’entrée de jeu (drôle de jeu d’ailleurs), nous annonce qu’il a du boulot pour la semaine, deux contrats à honorer, tuer un dealer malhonnête (oui ça existe) et la petite amie d’un mac qui renâcle au travail (qu’est-ce qu’elle fait avec un mac ?), le ton est donné, et le titre du livre ne porte
plus à confusion !!! Notre tueur à gage, appelons un chat un chat, un beau gosse célibataire qui se force à paraître ordinaire, est un pro dans son job, pourtant il parait tout droit sorti d’un conte, une sorte d’ange gardien qui fait le nettoyage par le vide des pourris de ce monde. Pour son dealer, pas de problème, même si le commanditaire est tout aussi pourri que lui, mais tuer la petite amie d’un mac parce qu’elle est une piégée de l’amour et qu’elle préfère être caissière que prostituée, lui pause un cas de conscience, il le résoudra par un effet boomerang, tuant le mac et renvoyant la jeune fille dans son pays natal avec une boutique à la clé. Le cœur a ses raisons…n’est ce pas ?
Son intermédiaire pour ses contrats, c’est Bernard, son ami d’enfance, et le mari d’Odette. Celle-ci, amoureuse des deux lors de leur adolescence, a choisi le plus stable mais a une idée fixe, vouloir mettre l’autre dans son lit, son harcèlement frise l’hystérie, fait rire Bernard, mais déstabilise notre héros ! Son unique fournisseur, c’est Georges, un loup solitaire comme lui, sauf que lui va au feu c’est le cas de le dire, et un sentimental des armes, qui les démonte pour en remonter d’autres comme dans un jeu de Lego…Et puis, il y a Catherine, son amoureuse, qui veut un enfant de lui (est ce bien raisonnable !), d’une beauté à rendre jalouse Odette, avec un zeste de perversité enrobée d’innocence. Elle est sa complémentarité et elle sera sa finalité. Il aura la sagesse du samouraï et s’arrêtera à temps. A travers ce livre on va donc suivre un homme chargé d’éliminer des brebis galeuses pour des sommes considérables (le fric menant le monde, il mène aussi des andouilles à se faire trucider), pour un député ripoux il fera en même temps « œuvre de salubrité matrimoniale », pour un général accusé de crimes contre l’humanité il donnera un coup de main aux services spéciaux, mais à chaque fois, il approfondira le cas soumis, s’en imprègnera, étudiera de près ses victimes,les frôlera, les reniflera afin de s’éviter un sentiment de réprobation ou de refus. La morale sera sauve.
Les femmes sont très présentes, toutes plus canons les unes que les autres, très peu habillées, de plus aguicheuses, provocantes tant par le corps que par le verbe, un peu loin de la réalité. Dommage, je suis une femme et j’ai eu l’impression d’intégrer la partie du cerveau des hommes qui est reliée directement au bas de leur ceinture, là où se réalise tous leurs fantasmes, mais je suppose que les fréquentations d’un tueur de haut vol ne peuvent être que des amazones de haute voltige.
Pardonnons à l’auteur car il a vraiment beaucoup d’humour, et son polar qui pour une fois ne met pas en scène des policiers ou des détectives se lit avec un plaisir jubilatoire.

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