
L’élégance du hérisson de Muriel BARBERY
Editions Gallimard – Août 2006 - 359 pages
Prix Georges Brassens 2006 et Prix des Libraires 2007
Un roman original, écrit à deux voix,
Celle de Renée, concierge rue de Grenelle, laide mais érudite, elle lit Kant et Tolstoï,
sensible à la beauté de l’art que ce soit Vermeer ou Ozu, et qui doit se contrôler pour
avoir l’air d’une vraie concierge devant les habitants de cet immeuble cossu, et
hyper bourgeois. Un hérisson qui protège son moi personnel sous couvert d’une
carapace d’épines.
Celle de Paloma, 12ans, fille d’une de ces familles bourgeoises, surdouée, en décalage
avec son milieu qu’elle à décidé de quitter, en se suicidant le jour de ses 13ans, pour
éviter le traumatisme du « bocal à poissons », destination finale pour les adultes.
La différence a tout pour réunir ces deux personnages qui sont en décalage par rapport
à leur milieu de vie, mais surtout par rapport à l’idée qu’on se fait d’une concierge et
d’une adolescente. Le catalyseur est l’arrivée d’un nouveau propriétaire, japonais, qui
s’appelle « OZU » de surcroît, fin, cultivé, sensible, qui devine immédiatement ou vont
ses préférences humaines sans souci d’âge, de condition, ou de beauté.
Un roman érudit qui peut rebuter certains lecteurs, il mériterait d’être plus court.
Certains passages mystico-philosophiques avec des phrases surchargées n’apportent
rien de plus au roman, nous empêchent de rentrer dedans et crée un agacement pendant la
moitié du livre, une sorte de « m’as tu vu littéraire » à mon goût. En fait les épines du hérisson, c’est l’écriture alambiquée de l’auteur.
Ces épines recouvrent quand même une tendresse pour des personnages attachants,
quoique très caricaturaux, dans cet immeuble de bobos.
Mais il s’agit d’une fable, et comme le hérisson, pour trouver l’amour, il doit traverser
la route et y laisser la vie sous les roues d’une voiture. Sa carapace devient alors
inefficace. Au lieu de lire Kant, Renée aurait elle du relire son code de la route ?
Un engouement du public pour ce livre, des ventes surprenantes dues au bouche à oreille,
mais est ce que tous ceux qui l’on acheté l’ont vraiment aimé, ou il y a-t-il en nous une part cachée de concierge rêvant de lire Kant ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire