

LA VIE MENTIE
Michel DEL CASTILLO
Editions Fayard
08/2007 – 374 pages
Le nouveau roman de Michel Del Castillo est un nouveau règlement de compte avec l’ Histoire, la sienne propre et celle de l’Espagne. Le narrateur, Salvador, ancien soixante-huitard, à la réussite confortable dans le monde de la communication, marié et père d’une petite fille (qu’il avait eu, comme il possède un appartement, une voiture…), et qui frôle l’alcoolisme par indifférence à la vie qui l’entoure et dégoût de soi. Il va alors essayer de reconstituer le puzzle familial, en creusant dans le passé de ses parents et surtout de ses grands-parents.
Sa grand-mère, Vera, qui s’est recluse d’elle même dans une maison de retraite provinciale, sort de son mutisme et laisse échapper par bribes l’histoire da sa vie. Née à Berlin de parents juifs, elle fuit l’Allemagne nazie pour vivre un amour passionné avec un espagnol, brillant universitaire, disciple de Miguel de Unamuno. Son mari disparaît dans des conditions tragiques, la guerre civile et ses horreurs sont là, il est question de cruautés, de délation, de laisser faire, d’honneur et de remords.
Son père, Gonzalo, inexistant dans son enfance (au même titre que sa mère d’ailleurs, qui elle, s’est toujours défilée par pur égoïsme), a refait sa vie en Angleterre, et est devenu alcoolique. Il refait surface dans la vie de Salvador à un moment ou la mort le frôle, le précède. Cet homme avare de confidences, laisse une brèche s’ouvrir dans les souvenirs de son enfance, pont relais avec ceux que veut bien distiller Vera.
C’est d’ailleurs l’annonce du suicide de ce père méconnu, la perte de la mémoire de cette grand’mère tant aimée, ses compromissions dans une manipulation médiatico-politique, et son détachement pour sa cellule familiale ( il laisse presque avec plaisir sa femme partir avec un de ses amis), que Salvador va s’exiler en Espagne, à la poursuite des démons de son passé, ce qui lui fait dire : « Je savais que l’important n’est pas ce qu’on possède mais ce qu’on cherche »
Un roman foisonnant d’idées, de débats de fond différents, que ce soit la guerre civile espagnole ( j’ai été, je l’avoue, un peu dépassée sur ce sujet ainsi que sur Unamuno), les grandes magouilles des sociétés de communication pour camoufler des bénéfices records et dépénaliser des licenciements collectifs sous couvert de mondialisation, les problèmes liés aux maisons de retraite , à l’alcoolisme, à la solitude, à la difficulté d’être, d’assumer ses choix.
Pour Vera « Vieillir c’est pactiser avec les regrets », pour Michel Del Castillo espérons que son lourd passé nous donnera encore de beaux romans, riches de tourments de toutes sortes et si bien écrits.
Michel DEL CASTILLO
Editions Fayard
08/2007 – 374 pages
Le nouveau roman de Michel Del Castillo est un nouveau règlement de compte avec l’ Histoire, la sienne propre et celle de l’Espagne. Le narrateur, Salvador, ancien soixante-huitard, à la réussite confortable dans le monde de la communication, marié et père d’une petite fille (qu’il avait eu, comme il possède un appartement, une voiture…), et qui frôle l’alcoolisme par indifférence à la vie qui l’entoure et dégoût de soi. Il va alors essayer de reconstituer le puzzle familial, en creusant dans le passé de ses parents et surtout de ses grands-parents.
Sa grand-mère, Vera, qui s’est recluse d’elle même dans une maison de retraite provinciale, sort de son mutisme et laisse échapper par bribes l’histoire da sa vie. Née à Berlin de parents juifs, elle fuit l’Allemagne nazie pour vivre un amour passionné avec un espagnol, brillant universitaire, disciple de Miguel de Unamuno. Son mari disparaît dans des conditions tragiques, la guerre civile et ses horreurs sont là, il est question de cruautés, de délation, de laisser faire, d’honneur et de remords.
Son père, Gonzalo, inexistant dans son enfance (au même titre que sa mère d’ailleurs, qui elle, s’est toujours défilée par pur égoïsme), a refait sa vie en Angleterre, et est devenu alcoolique. Il refait surface dans la vie de Salvador à un moment ou la mort le frôle, le précède. Cet homme avare de confidences, laisse une brèche s’ouvrir dans les souvenirs de son enfance, pont relais avec ceux que veut bien distiller Vera.
C’est d’ailleurs l’annonce du suicide de ce père méconnu, la perte de la mémoire de cette grand’mère tant aimée, ses compromissions dans une manipulation médiatico-politique, et son détachement pour sa cellule familiale ( il laisse presque avec plaisir sa femme partir avec un de ses amis), que Salvador va s’exiler en Espagne, à la poursuite des démons de son passé, ce qui lui fait dire : « Je savais que l’important n’est pas ce qu’on possède mais ce qu’on cherche »
Un roman foisonnant d’idées, de débats de fond différents, que ce soit la guerre civile espagnole ( j’ai été, je l’avoue, un peu dépassée sur ce sujet ainsi que sur Unamuno), les grandes magouilles des sociétés de communication pour camoufler des bénéfices records et dépénaliser des licenciements collectifs sous couvert de mondialisation, les problèmes liés aux maisons de retraite , à l’alcoolisme, à la solitude, à la difficulté d’être, d’assumer ses choix.
Pour Vera « Vieillir c’est pactiser avec les regrets », pour Michel Del Castillo espérons que son lourd passé nous donnera encore de beaux romans, riches de tourments de toutes sortes et si bien écrits.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire