

La Souffrance des Autres de Val MAC DERMID
Original 1998 – Editions du Masque 2007
Traduit de l’Anglais par Philippe Bonnet et Arthur Greenspan
Editions J’AI LU – n° 8672 - 473 pages
Val Mac Dermid , romancière écossaise de renom, reine du thriller psychologique en Grande Bretagne, commence à être connue, voire reconnue en France, peut être grâce à la superbe série telé consacrée à quatre de ses romans mettant en scène le duo Tony Hill/Carol Jordan, intitulée « La fureur dans le sang », d’ailleurs le titre d’un de ces quatre livres avec « Le chant des sirènes », « La dernière tentation » et celui dont je vais vous parler.
Le charme du roman vient beaucoup de ce couple improbable que forme Carol et Tony.
Carol Jordan, inspecteur principal de premier ordre a une manière bien a elle de fonctionner,
mêlant intelligence et intuition, qui se révèle efficace, surtout quand elle travaille de concert avec Tony Hill auquel elle voue une amitié sans condition. Pourtant, suite a une délicate affaire qui l’a amené a être violée, elle a du mal à reprendre du service, « elle avait l’impression d’avoir perdu une couche de peau quelque part, et se demandait combien de temps cela mettrait à repousser ». Quand son ancien patron lui propose de diriger une Brigade Spéciale à Bradfield, elle se dit « Enfin quelque chose qui puisse capter mon attention, apaiser mes démons, ou du moins les museler temporairement ».
Tony Hill, célèbre profiler, pensait qu’enseigner à l’Université lui procurerait la paix. Mais on attendait plus de lui des détails croustillants sur ses arrestations de tueurs en série, il n’avait rien d’un animal de cirque, et la diplomatie de pure forme ne faisait pas partie de ses talents. Il postula donc pour un poste à l’Hôpital de Haute Sécurité de Bradfield, (bienvenue dans l’univers des cerveaux détraqués), afin de revenir à la pratique clinique, loin des feux de l’actualité, mais aussi pour être près de Carol, car, après ce qu’elle avait subi, elle pouvait avoir besoin de lui, son seul ami, même s’il se révélait parfois « un cadeau doté d’un emballage bien compliqué ».
Cette nouvelle Brigade, avec Carol à sa tête, se voit confier la reprise d’une affaire d’enlèvement d’enfants non résolue, mais il va vite s’y adjoindre celle d’un meurtre de prostituée, un crime sexuel démoniaque, qui de plus ressemble comme deux gouttes d’eau à quatre autres commis il y a deux ans. Pourtant le meurtrier a été arrêté, il a avoué, mais ses crimes lui étaient dictés par une « Voix », il purge sa peine au centre de détention où travaille Tony, et depuis n’a plus prononcé un mot. Ce nouveau meurtre est il celui d’un imitateur ? Qui est « la Voix » ?
Par ailleurs nous suivrons les pensées et les actes du meurtrier, qui nous fera part de ses bas instincts, de sa paranoïa, des voix qui le poussent à tuer, une espèce de manipulation à distance, un pouvoir à la puissance deux.
Reste à trouver un sens à ce qui n’en a pas. Belle occasion pour que Tony reprenne du service auprès de Carol. Duo de choc, elle pensant comme un détective avec les yeux du chasseur, lui se mettant à la place du timbré avec les yeux du gibier. Pour Tony, il suffit de reconstituer la mentalité du tueur, car chaque meurtrier a sa propre logique, et celle-ci est liée à ses propres fantasmes, vision déformée de la réalité. Restait à se frayer un chemin dans ce labyrinthe.
L’inconvénient c’est que Tony a besoin de plusieurs affaires pour déterminer un profil, afin de mieux séparer « le bruit de fond du message », et lorsque le sadique frappera a nouveau, il en est bien le seul bénéficiaire. Les deux enquêtes menées de front seront longues. L’équipe n’est pas toujours soudée, certains enquêtant en freelance, on doute des capacités de Carol, elle-même ayant l’esprit brouillé par trop de mauvais souvenirs et trop de vin aussi, sa seule compensation.
La police est manipulée, mais le tueur aussi, tout est question de pouvoir, celui que l’on peut avoir sur autrui, une espèce de contrôle de l’esprit et des pulsions des plus faibles.
Que dire de plus sans dévoiler l’intrigue qui nous garantit un suspense et des frissons jusqu’au final. L’auteur joue de l’ambiguïté des rôles sexuels, aussi bien du côté des flics que du côté des
assassins. Carol est forte et faible à la fois, une féministe comme Val Dermid les aime, Tony n’a rien du super mec sûr de lui qui séduit tout ce qui bouge, il a ses propres fêlure, c’est un couple très attachant, un Tintin en jupon avec le Professeur Tournesol au pays des psychopathes.
Un polar très noir, mais très bon. Un auteur à suivre.
Original 1998 – Editions du Masque 2007
Traduit de l’Anglais par Philippe Bonnet et Arthur Greenspan
Editions J’AI LU – n° 8672 - 473 pages
Val Mac Dermid , romancière écossaise de renom, reine du thriller psychologique en Grande Bretagne, commence à être connue, voire reconnue en France, peut être grâce à la superbe série telé consacrée à quatre de ses romans mettant en scène le duo Tony Hill/Carol Jordan, intitulée « La fureur dans le sang », d’ailleurs le titre d’un de ces quatre livres avec « Le chant des sirènes », « La dernière tentation » et celui dont je vais vous parler.
Le charme du roman vient beaucoup de ce couple improbable que forme Carol et Tony.
Carol Jordan, inspecteur principal de premier ordre a une manière bien a elle de fonctionner,
mêlant intelligence et intuition, qui se révèle efficace, surtout quand elle travaille de concert avec Tony Hill auquel elle voue une amitié sans condition. Pourtant, suite a une délicate affaire qui l’a amené a être violée, elle a du mal à reprendre du service, « elle avait l’impression d’avoir perdu une couche de peau quelque part, et se demandait combien de temps cela mettrait à repousser ». Quand son ancien patron lui propose de diriger une Brigade Spéciale à Bradfield, elle se dit « Enfin quelque chose qui puisse capter mon attention, apaiser mes démons, ou du moins les museler temporairement ».
Tony Hill, célèbre profiler, pensait qu’enseigner à l’Université lui procurerait la paix. Mais on attendait plus de lui des détails croustillants sur ses arrestations de tueurs en série, il n’avait rien d’un animal de cirque, et la diplomatie de pure forme ne faisait pas partie de ses talents. Il postula donc pour un poste à l’Hôpital de Haute Sécurité de Bradfield, (bienvenue dans l’univers des cerveaux détraqués), afin de revenir à la pratique clinique, loin des feux de l’actualité, mais aussi pour être près de Carol, car, après ce qu’elle avait subi, elle pouvait avoir besoin de lui, son seul ami, même s’il se révélait parfois « un cadeau doté d’un emballage bien compliqué ».
Cette nouvelle Brigade, avec Carol à sa tête, se voit confier la reprise d’une affaire d’enlèvement d’enfants non résolue, mais il va vite s’y adjoindre celle d’un meurtre de prostituée, un crime sexuel démoniaque, qui de plus ressemble comme deux gouttes d’eau à quatre autres commis il y a deux ans. Pourtant le meurtrier a été arrêté, il a avoué, mais ses crimes lui étaient dictés par une « Voix », il purge sa peine au centre de détention où travaille Tony, et depuis n’a plus prononcé un mot. Ce nouveau meurtre est il celui d’un imitateur ? Qui est « la Voix » ?
Par ailleurs nous suivrons les pensées et les actes du meurtrier, qui nous fera part de ses bas instincts, de sa paranoïa, des voix qui le poussent à tuer, une espèce de manipulation à distance, un pouvoir à la puissance deux.
Reste à trouver un sens à ce qui n’en a pas. Belle occasion pour que Tony reprenne du service auprès de Carol. Duo de choc, elle pensant comme un détective avec les yeux du chasseur, lui se mettant à la place du timbré avec les yeux du gibier. Pour Tony, il suffit de reconstituer la mentalité du tueur, car chaque meurtrier a sa propre logique, et celle-ci est liée à ses propres fantasmes, vision déformée de la réalité. Restait à se frayer un chemin dans ce labyrinthe.
L’inconvénient c’est que Tony a besoin de plusieurs affaires pour déterminer un profil, afin de mieux séparer « le bruit de fond du message », et lorsque le sadique frappera a nouveau, il en est bien le seul bénéficiaire. Les deux enquêtes menées de front seront longues. L’équipe n’est pas toujours soudée, certains enquêtant en freelance, on doute des capacités de Carol, elle-même ayant l’esprit brouillé par trop de mauvais souvenirs et trop de vin aussi, sa seule compensation.
La police est manipulée, mais le tueur aussi, tout est question de pouvoir, celui que l’on peut avoir sur autrui, une espèce de contrôle de l’esprit et des pulsions des plus faibles.
Que dire de plus sans dévoiler l’intrigue qui nous garantit un suspense et des frissons jusqu’au final. L’auteur joue de l’ambiguïté des rôles sexuels, aussi bien du côté des flics que du côté des
assassins. Carol est forte et faible à la fois, une féministe comme Val Dermid les aime, Tony n’a rien du super mec sûr de lui qui séduit tout ce qui bouge, il a ses propres fêlure, c’est un couple très attachant, un Tintin en jupon avec le Professeur Tournesol au pays des psychopathes.
Un polar très noir, mais très bon. Un auteur à suivre.

