dimanche 29 juin 2008

Malavita de Tonino BENACQUISTA


MALAVITA de Tonino BENACQUISTA
Editions Gallimard (avril 2004)-320 pages

A Cholong sur Avre, gros bourg de Normandie, une famille américaine de quatre
personnes, les Blake, prennent possession d’une maison en pleine nuit, sans attirer l’attention, et l’exception de cette famille, est qu’elle est soumise à un programme de protection des témoins, et qu’après les Etats-Unis, leur exil les a conduit en France, Paris, Cagnes sur mer, et maintenant Cholong. Fred le père, fait vivre à sa famille la dure vie d’un repenti, qui ne sera plus jamais chez lui dans la Mafia, mais ne sera pas non plus accepté parmi les honnêtes gens.
La découverte d’une machine à écrire donne l’idée à Fred de rédiger ses mémoires de truand, et pense que dire qu’il est « écrivain » c’est une belle couverture pour le voisinage.
Maggie, sa femme, trouve odieux la façon dont son mari s’invente un rachat en dressant noir sur blanc la liste de ses abjections. « Existait il un moyen plus pervers de se donner bonne conscience ? C’était comme éprouver la nostalgie du péché, il trempait sa plume dans toute la noirceur de son âme, et cette encre là ne sécherait jamais ».
Quintiliani, le responsable du programme de protection, rappelle à Fred qu’il ne sera jamais un écrivain, mais seulement un salaud qui a su sauver sa peau, et qu’il ne devrait jamais l’oublier. Il lui rappelle que l’humanité entière a besoin de savoir des types comme lui derrière les barreaux car « si des ordures de votre espèce s’en sortent, à quoi bon obéir a des lois contraignantes qui vous bouffent des parts de liberté et de désir ». Lui-même avait choisi son camp, mais n’oubliait pas la fascination que les affranchis avaient exercée sur lui dans sa jeunesse, avant d’opter pour la loi et le FBI.
Maggie toujours prête à s’adapter, choisit le bénévolat et se laisse conquérir par le mot « solidarité », et Dieu n’y est vraiment pour rien, car elle veut au contraire prouver à Dieu que les humains peuvent faire son boulot eux même.
Belle, la fille, adolescente de dix sept ans, qui a le don de séduire tout le monde, suscite cette réflexion, « comment tant de noirceur a pu donner vie à tant de grâce et d’innocence? » Elle aura de plus en plus de mal à vivre la situation malgré son optimisme naturel.
Warren, du haut de ses quatorze ans, a vite compris que la raison du plus fort est la meilleure et que faute de force physique, le pouvoir s’obtient en utilisant ses propres compétences pour rendre les autres redevables. Au lycée, il applique cette méthode en rendant des services à tous moyennant finances, et en siégeant à la manière du « Parrain ».
Un cinquième membre termine cette famille loufoque, une chienne discrète, Malavita, qui mène une vie de chat, refuse de s’adapter et se réfugie dans le sommeil. Ironie du sort, car « Malavita » ou « Mauvaise Vie » est un des noms pour désigner la Mafia.
Giovanni Manzoni alias Fred Blake, devait être dorénavant un citoyen au dessus de tout soupçon, il avait du mal à accepter cette idée. Comment font les honnêtes gens qui se battent pour rien ? Pour lui le crime c’était une vraie vocation, « Tant qu’il y aura une norme, il y aura ceux qui rêveront de la marge, et tant qu’il y aura des vices, on trouvera des hommes pour en pousser d’autres à les satisfaire ». Mais son passé et ses amis trahis le rattraperont lors d’un concours de circonstances des plus bluffant, et Cholong va devenir une ville touchée par les hasards d’une histoire qui n’était pas la sienne, ce qui va réveiller de sombres souvenirs de guerre, de haine, et de rancoeurs inassouvies.
Benacquista, comme à son habitude, fait preuve ici d’originalité, l’imaginaire est là, il nous livre un roman peu banal, rythmé, à l’humour caustique, mais pas dénué de réflexions sur la notion de culpabilité, d’immoralité et d’impunité, sur la fascination à se placer au dessus des lois, et sur la nostalgie du péché. On quitte cette famille à regrets, on a envie de suivre ses pérégrinations dans une autre ville, on peut faire confiance à Bénaquista, en affranchi non repenti de la littérature, il vient de publier « Malavita, encore ».

lundi 23 juin 2008

Sagan à toute allure de Marie Dominique LELIEVRE




SAGAN A TOUTE ALLURE
Marie-Dominique LELIEVRE
Editions Denoël – 01/2008 – 342 pages






Trois ans après sa mort le 24 septembre 2004, Marie Dominique Lelièvre nous livre une biographie originale de Françoise Sagan, enquête journalistique sous forme de récit de voyage au pays de la littérature, d’une époque allant de l’après guerre à nos jours.
Nous pensons tout connaître de Sagan, de sa vie (people avant l’heure), de ses livres (lus sans déplaisir et vite oubliés), et pourtant c’est avec un réel plaisir que je me suis replongée dans cet univers qui m’a transportée dans les années soixante, fait de littérature et de liberté, le prolongement de mon engouement pour Sartre et Simone de Beauvoir, fait d’incompréhension de la jeunesse et fureur de vivre représentées au cinéma par James Dean.
Pour Sagan « l’excès c’est un goût ou un sens, et ce qu’on trouve délicieux à l’existence c’est qu’elle offre toujours de nouveaux excès à faire ». C’est dans l’excès qu’elle se nourrit, montée d’adrénaline, excitation vibrante de l’instant, mais les excès ne sont drôles que sans conséquences, or elle frôle la catastrophe plusieurs fois, son premier accident de voiture la laisse en mille morceaux, et entraîne l’addiction aux médicaments (morphine et amphétamine), vite relayés par l’alcool à haute dose, puis les drogues (cocaïne, opium… ). Elle frôle tous les risques, la vitesse, le jeu, les relations douteuses au point d’être mêlée à « l’affaire Elf », tout ça sous le signe de l’insouciance. On assiste à une dolce-vita sagaïenne à la Scott Fitzgerald dont le moteur principal est l’indolence, l’absence d’horaire, la nonchalance foutraque, le libertinage, le tout saupoudré d’une élégance négligée, comme le fût son œuvre. Elle est son œuvre, sa vie prolonge de loin son œuvre romanesque, et il reste un « Mythe ».
Mais ce récit est plus qu’une biographie linéaire, il est un éloge à l’amitié sous toutes ses formes, masculines, féminines, hétérosexuelles et homosexuelles, Sagan en personnage androgyne ne peut qu’aimer ces liens équivoques, car en fait son homosexualité n’est jamais vraiment révélée dans son intimité. L’auteur recueille des souvenirs pudiques de ses proches, de ses amis intimes, et en profite pour faire un brûlant hommage à l’amie de toujours Florence Malraux, sa sœur, son double, l’intelligence mais sous contrôle, celle qui sent les moments de détresse, les « bleus à l’âme », est toujours là quand la mort de ses proches, celle de Peggy Roche surtout, renvoie Sagan vers sa solitude, son ennemie la plus redoutable.
Reste ses livres, et c’est fou ce qu’on a envie de les relire, après la lecture de celui-ci. Bravo Marie Dominique Lelievre, c’est à cela qu’on reconnaît un écrivain.

Le Soupçon De Laura GRIMALDI


Le Soupçon de Laura Grimaldi de 1988
Editions Métailié (février 2004) 210 pages
Traduit de l’italien par Serge Quadruppani


Laura Grimaldi, directrice d’une revue d’espionnage « Segretissimo » nous offre ici son deuxième roman, avec pour toile de fond l’affaire du « monstre de Florence » sur laquelle elle a enquêté en tant que journaliste.
Il s’agit de meurtres à répétition les nuits de nouvelle lune, les victimes sont de jeunes couples ayant choisi l’isolement et sur le point de faire l’amour, l’homme est tué de plusieurs balles, la femme est en plus tailladée avec une lame très fine, une sorte de bistouri, elle est mutilée au niveau des seins et du pubis sans être violée.
Le « Monstre » comme le nommeront les florentins, est le centre de toutes les discussions, on sait qu’il est grand et gros, on l’imagine vivant seul, un fou qui défie le danger, un impuissant qui se déchaîne lorsqu’il voit deux jeunes gens jouir de l’amour comme il ne pourra jamais le faire.
Et puis, il y a Mathilde, qui vit seule avec son fils Enée, la cinquantaine, au physique balourd et disgracieux. Or, le même jour, deux événements, le déplacement de la trousse à bistouris de son mari et la visite des gendarmes
au sujet d’un pistolet que possède son fils, vont bouleverser la vie de Mathilde. Dans la paranoïa ambiante, un effroyable doute va s’emparer d’elle, que fait Enée de ses nuits ? A t-elle engendré un monstre ? Au fil des nuits sans dormir, elle ne pourra pas s’empêcher de rapporter chaque acte, passé et présent de son fils, au soupçon qui s’était insinué dans son esprit. Le ver est dans le fruit, plus les meurtres se poursuivent, plus ça devient une vraie torture pour elle. Mais, une mère peut-elle dénoncer son fils ? D’ailleurs la mère d’un monstre ne peut être qu’un monstre elle-même.
Son fils, en fait, a part son travail à mi-temps chez un ami notaire, s’est épris d’une jeune toxico Nanda, il l’héberge dans une garçonnière, la fournit en coke, vide ses économies, vend les tableaux appartenant à son père en prenant bien soin d’en faire faire des copies par son ami George, peintre anglais sans le sou.
Toutes ces cachotteries ne feront qu’alimenter les peurs de Mathilde. Peur de
perdre l’être qui lui est le plus cher, peur de rester seule, peur du scandale qui rejaillira inévitablement sur un nom florentin au dessus de tout soupçon
depuis des décennies. Le notaire lui parlera de « devoir dynastique » et lui fera d’ailleurs comprendre qu’en échange d’un nom « les comportements doivent être irréprochables, de manière à ne pas donner prise, même de loin, à l’ombre d’un scandale ».
Elle ira seule au bout de sa souffrance, en quête de sa vérité.
L’auteur nous fait vivre au fil des pages les errances mentales de chacun des personnages, de façon à laisser planer le doute jusqu’au bout dans notre esprit comme dans celui de Mathilde. Un très bon roman déguisé en polar.



Romanzo Criminale de Giancarlo DE CATALDO


ROMANZO CRIMINALE
De Giancarlo De CATALDO
Traduit de l’Italien par Catherine Siné et Serge Quadruppani
Editions Métailié (Décembre 2005) 585 pages



L’auteur, magistrat à Rome, relate dans ce roman, l’histoire souterraine et les années de plomb qu’a vécu l’Italie entre 1977 et 1990, en s’inspirant de faits réels, les méfaits d’une association de malfaiteurs « la bande à Magliana » qui avait profité des troubles de l’époque suscités par les brigades rouges pour prendre le contrôle de Rome, sur tous les trafics existants et dont il a côtoyés certains membres dans le cadre de ses activités professionnelles.
Au départ, une bande de têtes brûlées indisciplinées, des petits voyous qui vivent de la domination des faibles, mais pour les driver, il fallait ordre, lucidité et froideur, « Le pouvoir doit récompenser les idées les plus claires et la force pour les affirmer », et ce manager serait le Libanais. Grâce à lui, ils iraient loin, très loin. La mise de fond vint de l’enlèvement d’un baron. L’idée du Libanais fût simple, « Si on divise l’argent, il est plus bon à rien et si on se divise, on est plus bons à rien. Part égale pour tous et le reste en fond commun ». Il propose de rester unis et de se payer Rome, c'est-à-dire contrôler la drogue, le jeu et la prostitution. Leur première action, supprimer celui
qui en avait le contrôle, le Terrible, et imposer leur loi. « Au-delà de tous les programmes, bien au-delà de la raison, le ciment de tout était l’action », il fallait se salir les mains pour former un vrai groupe et devenir invincibles.
Le roman nous offre alors une galerie de personnages hauts en couleur, dont les surnoms, tous plus évocateurs les uns que les autres, reflètent bien le caractère de chacun. Le Libanais, un chef né, l’âme du groupe, s’adjoint le Froid, un homme secret, tout en souffrance, mais qu’il traite sur un pied d’égalité, comme si de leurs méchancetés communes était née une force effrayante. Le Noir, semblable au Froid, il y avait en eux «une fureur, quelque chose de non-dit, et qui ne pouvait se dire», et de ce fait ils devinrent amis. Le Dandy, le plus arrogant de tous, soucieux de sa personne et des bonnes manières, qui fera du chemin, sera prêt à tout, traitera avec les barbouzes, la mafia, et intégrera même les francs maçons de la loge P2, un vrai serpent capable de manipuler les hommes de la rue. Le Buffle, un instinctif en manque de stratégie, brut de décoffrage, qui paiera cher ses conneries, il dit lui-même, «on fait des choses qu’on ne pense pas sur le moment, puis pour les rattraper, c’est salement dur». Le Sec, doué pour faire tourné le fric, très habile pour avoir les bons contacts, mais douteux et traître par vocation. Le Rat, goûteur de drogues, «ses jugements sur le degré de pureté et sur les produits utilisés pour couper, pouvaient défier n’importe quelle analyse chimique». Et puis aussi, Trentedeniers, Œil Fier, Echalas, Ricotta, Crapaud….
Tout ce petit monde va pendant plus de dix ans pourrir l’existence du juge Borgia et du commissaire Scialoja. Surtout ce dernier, un homme solitaire, mal dans sa peau, qui se pose beaucoup trop de questions sur les frontières entre le bien et le mal, et mu par ses désirs compromettants pour Patrizia, une ancienne prostituée, devenue, contrainte et forcée, femme du Dandy, et propriétaire d’un bordel. Mais sa ténacité
dans son désir de mettre ces gangsters hors d’état de nuire, lui vaudra quelques belles arrestations, vite mises à mal par leur avocat véreux, Vasta, qui faisait à chaque fois des merveilles pour les sortir du trou. L’argent coulait à flot, tout le monde en profitait, l’avocat, les flics, les gardiens de prison. Même à l’ombre ils tenaient la prison sous contrôle, ils touchaient leur part et le Sec avait consigne de ne pas laisser tomber leur famille.
Mais l’ennemi avait de nombreux visages, et se riait des efforts de Borgia et Scialoja.
L’Etat n’était pas loin, jeu complexe de pouvoirs au sommet duquel se trouve un personnage influent surnommé le Vieux. D’ailleurs, Le Noir avait ses propres actions hors du groupe, dans cette zone grise ou Etat et Anti-Etat se donnaient la main, et deux barbouzes, qui représentaient la face sale de l’Etat, avaient investi le bordel de Patrizia. De plus, on fait appel à eux pour retrouver Aldo Moro enlevé par les brigades rouges, et à charge de revanche, l’Etat fermera un œil sur leurs activités. L’attentat de la gare de Bologne capitale rouge de l’Italie, la paranoïa des bombes, arrêter les rouges à n’importe quel prix, les avait placés dans une espèce de niche protégée. Les méchants étaient les plus forts !!!
Un roman fort, animé d’une langue riche qui restitue fort bien le milieu de la pègre,
des rebondissements à chaque paragraphe, des personnages attachants même dans leur noirceur, de l’action, beaucoup de morts. A son désavantage, quelques longueurs, beaucoup de personnages à intégrer, et une complexité de cette époque troublée et troublante de l’Italie qui me dépasse, et m’horrifie. Un beau casting pour un film, ce qui n’a pas manqué, en l’occurrence une réussite pour le film de Michele Placido.

samedi 21 juin 2008

Chaque femme est un roman D'Alexandre JARDIN


Chaque femme est un roman
Alexandre JARDIN
Editions Grasset (Mars 2008) 294 pages

Alexandre Jardin, poursuit ici son étude familiale, en parlant de la première femme de sa vie, sa mère, une grande prêtresse de la fantaisie. Elle lui inculqua la liberté comme terrain de jeu, elle lui apprit à immoler par le feu ses fonds de bibliothèque, on a l’âge de sa bibliothèque dira t-elle, « nos étagères vides appelleront d’autres livres, afin qu’aucune pensée lénitive ne stagne jamais à la surface de l’esprit », et elle lui affirma à 9 ans, « Désormais tout dans notre vie sera provisoire » et à sa question, çà veut dire quoi provisoire ? Elle répondra « çà veut dire vivant mon chéri ». Il échappera ainsi toute sa jeunesse à « l’universelle fatigue des choses » et se convertira aux bienfaits du désordre.
Ce principe lui amènera une curiosité naturelle pour toutes les bizarreries de la nature humaine, et plus spécifiquement féminine. Il va donc consacrer ce livre à des femmes, qui comme sa mère, ont choisi le refus des mises aux normes, ont franchi les barrières de l’impossibilité, et ont pris des tangentes en osant une ouverture maximale de compas. Chacune à sa façon, par le biais d’un chapitre, devient un mini roman. Toutes plus insolites les une que les autres, ces femmes, capables des plus suaves transgressions, deviennent des « produits chimiques instables » et inspirent à l’auteur un roman d’apprentissage de la liberté dans la réalité.
On aimera cette banquière qui vit par procuration au gré des relevés des cartes bleues de la famille « Jardin », cette autre qui, quand sa vie est bloquée, fait du stop Portes d’Orléans avec un panneau « toutes directions », ou cette asiatique de rêve qui l’emmène dans sa chambre pour lui faire signer un bouquin de Daniel Pennac, cette proviseur qui s’emploie à faire échouer ses élèves pour mieux les faire réagir, aussi cette tante bigote, qui avouera sur le tard à toute la famille qu’elle frayait depuis vingt ans avec le frère de son mari et que ses quatre enfants sont de lui, enfin cette ancienne maîtresse de son père, qui à la fin de sa vie, écrit à l’auteur, pour faire l’éloge de son géniteur et lui conseiller de rompre « le licol du raisonnable » d’aimer les précarités plutôt que les gages, de butiner ses mille contradictions, mais de faire ce chemin au bras d’une compagne « qui sait se raconter des histoires ».
Mais il ne faut pas trop réclamer au réel, il nous dira, « Il y a des femmes de rêve à qui l’on doit autant qu’aux filles de nos nuits véritables ». En tout cas réelles ou romancées, ces histoires passent par le pouvoir des mots, ils sont là pour rendre un hommage vibrant à toutes ces femmes animées d’un grain de folie.
La littérature provoque des confidences, et on peut faire confiance à Alexandre Jardin pour avoir exploité celles-ci avec beaucoup d’humour et de dérision. Sous sa plume chaque femme délivre sa prose intérieure et devient à elle seule un roman sans l’avoir écrit. Il a vraiment suivi les conseils de son amie Françoise Verny qui lui disait « Ecrire du roman, c’est duper les autres et soi même avec enthousiasme ».
L’enthousiasme est vraiment là, c’est un livre réjouissant, mêlant folie, réflexions et humour, et on imagine facilement son éclat de rire habituel, à la fin de chaque histoire.